Bootstrap : 10 startups françaises qui ont misé sur une croissance autofinancée

Connaissez-vous le point commun entre Mailchimp, Atlassian et Shutterstock ? Ces sociétés valorisées plusieurs milliards de dollars ont connu une croissance impressionnante sans avoir levé de fonds. C’est ce qu’on appelle le “Bootstrap”.

Le Bootstrap est une situation dans laquelle un ou plusieurs entrepreneurs créent une entreprise avec peu de capitaux : des fonds propres, un peu de “love money” (parents et amis) et/ou des revenus d’exploitation. Ils n’ont ainsi pas d’autres choix que de réinvestir dans l’entreprise toutes les entrées et dépenser avec précaution pour ne pas basculer dans le rouge, car aucun investisseur ne les en sortira.

Si on a plus l’habitude d’entendre parler de startups ayant levé plusieurs millions d’euros, bénéficiant d’une visibilité médiatique souvent plus importante, nous avons aussi la chance d’avoir en France un vivier de start-ups bootstrappées qui ont fait leur place non seulement sur le territoire, mais aussi à l’international.

Cet article est l’occasion de mettre en avant celles et ceux qui ont choisi d’entreprendre différemment.

MyLittleParis

Fondée en 2008 par deux sœurs, Fany et Amandine Pechiodat, la startup débute en dénichant les bons plans féminins et masculins qu’elle envoie par Newsletter.

Tout d’abord spécialisée à Paris, la newsletter de bons plans va se décliner dans plusieurs régions et sur plusieurs thématiques : Merci Alfred (pour les hommes), My Little Kids et My Little Wedding. La startup saute ensuite sur la tendance des box, tout d’abord en 2011, pour lancer My Little Box, une box beauté et lifestyle qui ravit 150 000 abonnées dans le monde, puis La Gambettes Box qui permet à 60 000 Françaises de recevoir 2 collants par mois.

La startup est vite devenue un ovni dans l’univers média, tant son modèle reste inclassable : un mélange de média et d’e-commerce avec des formats publicitaires très variés (newsletters, print, vidéo, mobile, box).

Rachetée en 2013 par le groupe AuFeminin, My Little Paris n’a jamais levé de fonds. La société, à la culture très affirmée, a pu ainsi préserver la vision originelle de ces fondateurs, malgré sa croissance fulgurante qui lui permet de toucher aujourd’hui une communauté de 5 millions de personnes grâce à une équipe de 130 personnes répartie dans 13 pays, en Europe et au Japon, avec des bureaux à Berlin et à Tokyo.

MYM

MYM est une des rares (voire la seule) startups qui, sans avoir levé de fonds, se retrouve dans le prestigieux classement French Tech 120.

Il faut dire que la startup a connu une croissance remarquable en moins de 3 ans. D’ailleurs, ils ne s’en cachent pas : ils ont l’ambition de devenir le réseau social exclusif n°1 en France et à l’international. Comment ? En permettant à tous les créateurs de contenus, grâce à leur plateforme, de garantir l’exclusivité, l’authenticité et l’originalité de leurs contenus à leurs fans.

Sur MYM, les créateurs sont rémunérés directement par leurs fans, pour leurs contenus, via un abonnement payant qu’ils gèrent en totale autonomie. En s’abonnant à leurs créateurs préférés, les fans accèdent à des contenus exclusifs, diffusés nulle part ailleurs : photos, vidéos, stories, lives…

Alors que les deux fondateurs, Pierre Garonnaire et Gaspard Hafner ont lancé MYM en 2019, la plateforme est déjà fréquentée par 8 millions d’utilisateurs. Elle compte désormais 200 000 créateurs et a réalisé 60 M€ de CA en 2021. Afin de viser un développement toujours plus ambitieux, la plateforme pourrait accélérer dans les prochains mois en allant chercher des premiers financements, et ainsi étoffer son équipe composée aujourd’hui d’une trentaine de personnes entre Paris et Lyon.

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Lucca

Lucca développe et fournit des solutions SaaS pour libérer les entreprises et surtout leurs collaborateurs et collaboratrices des tâches administratives bien connues, de la gestion des congés aux bulletins de paie, en passant par les notes de frais.

Et pas besoin de lever des fonds pour assurer une croissance annuelle à deux chiffres, même en période de pandémie. Elle emploie aujourd’hui plus de 300 collaborateurs, gère plus 800 000 utilisateurs à travers ses 4000 clients (Deezer, Meilleurs Agents, Frichti, Michel et Augustin) et croit à un rythme de plus de 40% par an pour atteindre les 15 millions d’euros en 2020.

Fondée en 2002 par Gilles Satgé, ce dernier a régulièrement communiqué sur sa volonté de rester “indépendant” en refusant les avances des VCs. Après une croissance certaine sur près de 18 ans sans avoir levé de fonds, il a tout de même accepté le ticket de 1M€ d’un investisseur stratégique en la personne de Stephan Dietrich, fondateur de Neolane (revenu à Adobe pour 600 millions de dollars en 2013), sur une valorisation de 40 millions en 2020. Ce partenariat permet déjà à Lucca d’accélérer son déploiement, notamment par l’intermédiaire d’acquisitions comme ce fut le cas avec le rachat de Bloom at Work courant 2021.

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Lemlist

Spécialisée dans l’envoi d’e-mails de prospection commerciale, Lemlist a fait beaucoup de bruit en 2021 lorsque son fondateur, Guillaume Moubeche, annonçait dans une vidéo avoir renoncé (volontairement) à une levée de fonds de 30 millions de dollars.

Aujourd’hui, Lemlist est très certainement la plus médiatisée des sociétés bootstrapées. Il faut dire que les chiffres parlent pour eux. En moins de 4 ans, la société est passée de 0€ à 10M€ de revenus récurrents annuels, couvrant plus de 20 000 clients dans le monde sans avoir levé le moindre euro.

Et Guillaume Moubeche s’exprime régulièrement sur la thématique de bootstrap, notamment sur son compte Twitter, ou dans les médias. Il déclarait notamment sur BFM : « En France, on a trop souvent tendance à associer la réussite à la somme levée. Je pense que ce serait bien d’intégrer d’autres critères, notamment la rentabilité, le bonheur de ses salariés. »

Si quelques mois plus tard, Lemlist a finalement réalisé une opération de secondaire auprès du fonds britannique Expedition Growth Capital, le cashout réalisé par la société permet notamment aux fondateurs de percevoir une partie de la valeur créée toutes ces années aux côtés de leurs 40 salariés basés à Paris.

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Crisp

Fondé en 2015 par Baptiste Jamin et Valérian Saliou, Crisp se lance en tant que logiciel de chat gratuit pour les entreprises partout dans le monde. Leur objectif alors est clair : proposer l’expérience la plus simple tout en proposant un chat léger et répondant aux besoins des solopreneurs et entrepreneurs.

En 2017, alors que la startup connaît une croissance importante de ses nombres d’utilisateurs dans le monde entier, elle sort une nouvelle version de sa solution, allant bien plus loin. Désormais, elle intègre notamment un outil de création de FAQ embarqué – que Caption utilise d’ailleurs.

Aujourd’hui, Crisp équipe plus de 300 000 entreprises partout dans le monde en permettant de centraliser l’ensemble des canaux de communication des entreprises au sein d’une seule et même boîte de réception. Un outil qui unifie les équipes autour d’une seule interface et facilite la collaboration pour apporter de meilleures réponses aux clients et prospects. Avec une équipe de 11 personnes, l’entreprise, basée à Nantes a encore de belles perspectives de développement devant elle.

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Des Bras en Plus

Des Bras en Plus dépoussière le déménagement avec une offre digitale innovante. Lancée grâce à un capital de 6000€ gagné lors d’un concours, la start-up s’est autofinancée depuis sa création en 2011, sans pour autant renoncer à des ambitions fortes.

Avec la sélection, la formation et le suivi régulier d’un réseau national de plus de 250 partenaires déménageurs, la startup dirigée par Zafar Baryali et Massoud Ayati peut aujourd’hui se targuer d’une croissance à deux chiffres chaque année. Le dernier CA connu remonte à 2016 où la société annonçait avoir atteint 3 millions € de chiffre grâce à ses 45 salariés.

Et comme toute société qui n’a pas levé de fonds, la maîtrise de ses coûts est clé au développement pérenne de l’aventure. « On ne peut dépenser que l’argent qu’on a gagné. Ce qui nous oblige à être efficaces et à maîtriser nos dépenses. » L’entreprise a par exemple choisi d’ouvrir ses boutiques les unes après les autres, pour être totalement à l’aise avec les investissements à réaliser.

Pour la communication, elle privilégie la débrouille et l’efficacité, avec des campagnes décalées pour « faire le buzz pour pas cher » déclare son co-fondateur. Bilan, 30 % des clients viennent de la recommandation.

Staycation

Fondée en 2017 par Mathieu Dugast, Kevin Hutchings et Mathieu Ecollan, la start-up Staycation a imposé une nouvelle dynamique dans le secteur hôtelier. Celle de transformer des nuitées en expériences inédites pour capter une clientèle plus jeune, et surtout, locale.

La première version de Staycation prend la forme d’une newsletter avec 3 expériences inédites. Le site n’est alors qu’une landing page, et les réservations se font de façon artisanale, directement via le numéro de portable des fondateurs.

Le bouche à oreille fait son effet et en quelques mois, la communauté franchit la barre des 400 clients. « On passait littéralement notre vie au téléphone, c’est là qu’on s’est dit qu’il était temps de quitter nos jobs » plaisante Mathieu Dugast dans les Echos. « Et cela reste dans notre ADN, il ne se passe pas une semaine sans qu’une dizaine de collaborateurs, quel que soit leur profil, échangent avec notre communauté ».

Aujourd’hui, plus de 800,000 adeptes sont inscrits sur la plateforme qui recense plus de 450 hôteliers composés à 50% de 4 étoiles et 40% de 5 étoiles, dont 5% de Palaces. Et le tout, sans avoir levé de fonds. Son business model basé sur la retenue d’une commission au booking d’une expérience lui permet de continuer sa croissance en privilégiant l’autofinancement sans se mettre à risque.

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Superprof

Les chiffres de Superprof feraient rêver plus d’un entrepreneur. La société réunit plus de 200 collaborateurs, dans 38 pays, et propose ses services de 15 millions de professeurs dans 14 langues, plus de 1000 matières à 18 millions d’élèves, et tout cela, sans avoir levé un centime d’euro.

Lancée en 2013, Superprof est une plateforme dédiée au partage de connaissances qui offre un service de mise en relation entre des élèves et plus de 20 millions de professeurs, coachs, artistes, mentors dans 40 pays à travers le monde.

Superprof se revendique aujourd’hui comme une société 100% indépendante. Mais il en a fallu du chemin ! Son fondateur, Wilfried Granier, a mis une bonne partie de ses économies à l’époque sur la table, 25.000 euros, pour pouvoir lancer la machine. Si dans son développement exponentiel, l’entreprise a plusieurs fois frôlé la mort avec le coût important de ses locaux, recrutements,… Elle a toujours su garder le cap et truste aujourd’hui la place de leader européen du partage de connaissances.

Elle continue son déploiement à l’international avec un challenge identique à ses origines : faciliter et rendre accessible l’apprentissage au plus grand nombre.

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Partoo

Partoo a pour mission de rendre visible les commerces « physiques » sur Internet. La scale-up de +250 personnes annonce avoir dépassé les 15 millions de chiffre d’affaires.
Et si Partoo a rejoint le camp des startups financées, en levant notamment plus de 15M€ auprès de Webedia, elle a longtemps basé sa croissance sur l’autofinancement, permettant à son CEO, Thibault Renouf, de prendre régulièrement la parole à ce sujet, soit dans les médias soit dans des communautés dédiées telles que le Club Bootstrap.

Il partageait notamment en 2019 son expérience. Leur solution SaaS B2B générait alors alors un revenu récurrent annuel (ARR) de plus de 6M€, pour un besoin en financement total depuis la création de la société en 2014 de 500k€ – en dette principalement.

Avec ces nouveaux financements, la société souhaite désormais passer un nouveau cap en se développant à l’international et séduire davantage de commerçants indépendants.

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Alex Legal

Fondée en 2020 par Joseph de Rambuteau & Killian Huyghe, et incubée par le prestigieux programme Agoranov, Alex est une plateforme qui digitalise le droit des sociétés.

La société accompagne en effet plus de 1000 clients – dont Pennylane, Qonto ou encore Pixpay – sur des problématiques juridiques qu’elles rencontrent au quotidien : création de société, gestion de la CapTable, registre d’actionnaires, assemblée générale, approbation des comptes, cession d’actions, transfert de siège social, plan de BSPCE

Grâce à sa technologie et aux accès aux serveurs des Greffes, Alex peut prendre en charge les opérations de n’importe quelle société en quelques clics, avec une solution SaaS pensée pour faciliter des démarches souvent chronophages. La société compte aussi intégrer la blockchain dans ses processus afin de fluidifier les tâches corporates redondantes, comme la tenue du registre des mouvements de titres.

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Pour finir, ces différents noms prouvent qu’une start-up n’a pas forcément besoin de lever des millions à son lancement pour connaître une croissance remarquable. On remarque aussi que le Bootstrap n’est pas incompatible avec les levées de fonds qui peuvent intervenir quelques années après afin d’accélérer sur un modèle éprouvé.

Si le Bootstrapping a de nombreux avantages, dont une réelle liberté sur les décisions stratégiques de sa société, il peut montrer aussi certains freins, notamment pour les fondateurs et salariés qui souhaiteraient capter une partie de la valeur créée en revendant des actions. En effet, dans les sociétés soutenues par des VCs, la liquidité peut intervenir lors de nouveaux tours de financements, qui inscrivent par la même une nouvelle valorisation dans le marbre.

Pour les sociétés autofinancées, c’est plus compliqué, et on sait que des mécanismes comme les BSPCE perdent tout leur intérêt sans option de liquidité derrière.

C’est pourquoi nous sommes heureux d’accueillir sur Caption des sociétés bootstrappées, qui permettent ainsi à toutes leurs parties prenantes de revendre des actions tout au long de l’aventure, sans perdre du regard un potentiel exit qui arrivera dans un horizon de temps souvent plus lointain en autofinancement.

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