Seed, Série A… Tout savoir sur les étapes de financement en start-up

La levée de fonds auprès d’investisseurs est un des leviers de financement les plus populaires pour les startups. Ce type de financement permet à l’entreprise de lancer son activité ou poursuivre son développement à l’échelle nationale, voire à l’international. Du côté des investisseurs, réaliser un tel placement nécessite d’exécuter une stratégie adaptée qui dépend des montants que vous avez à disposition, de l’activité et de la maturité de la startup ou encore du niveau de risque que vous êtes prêt à encourir. Il est ainsi possible d’investir dans une startup à différents stades de son évolution. Vous pouvez par exemple investir en seed, série A, série B ou encore en série C. Découvrez, sans plus tarder, à quoi correspondent ces niveaux d’investissement en startup.

Qu’est-ce qu’une levée de fonds ?

Dans l’écosystème des startups, la levée de fonds est un mode de financement très fréquent. À travers cette opération, l’entreprise fait entrer des investisseurs (amis, famille, Business Angels, fonds de capital risque…) dans le capital de la société. Ces derniers reçoivent, en échange de leur apport, des parts de l’entreprise.

Lors de leur entrée au capital, les investisseurs ont pour objectif de réaliser une plus-value à moyen ou long terme. Autrement dit, les investisseurs misent sur la croissance et le potentiel de la startup afin de récolter des gains lorsqu’ils revendront leurs actions, soit sur une plateforme d’investissement telle que que Caption, soit lors d’un “exit” classique (rachat par une autre société ou introduction en bourse).

L’objectif d’une augmentation de capital

Pour l’entreprise, la levée de fonds répond le plus souvent à un besoin de financement pour :

  • réaliser des investissements (développement commercial, achat de matériel, etc.) ;
  • financer un besoin en fonds de roulement ;
  • accélérer le développement de la société en France ou à l’international ;
  • démarrer une nouvelle activité ;
  • accroître la crédibilité de la structure, notamment auprès de potentiels partenaires et prospects ;
  • garder une certaine avance, etc.

Pour l’investisseur, l’objectif est double. Ce dernier peut avoir à cœur de soutenir une entreprise en laquelle il croit. Son but est également de réaliser une plus-value à la revente de ses actions.

Le fonctionnement d’une levée de fonds

La levée de fonds commence par ce que l’on appelle un tour de table. Globalement, il s’agit d’une suite de rencontres et d’échanges entre les dirigeants de l’entreprise et des investisseurs potentiels.

À cette occasion, différents points seront évoqués comme les objectifs et les besoins relatifs au projet, la nature des ressources à mobiliser ou encore les conditions de la tenue de l’opération financière (prix de vente des actions, relations entre les futurs associés, etc).

Les tours de table ont ainsi lieu en fonction de l’évolution de la startup et de son niveau de maturité. Dans le milieu, on parle de seed, série A, série B ou encore série C, qui correspondent aux différentes phases de développement de l’entreprise qui lève les fonds.

A noter que, la plupart du temps, les levées de fonds sont appuyées par des lignes de crédits (banques, Bpifrance…), souvent indexées sur le montant injecté en capital par les investisseurs. Aussi, quand vous lisez dans les médias : Cette startup lève X M€ en série A, il y a de fortes chances que ce montant inclut le montant de l’augmentation de capital et le montant de la dette cherchée sur l’opération.

Investir dans une startup : les différents niveaux d’investissement

Chaque investisseur qui souhaite investir dans une startup exécute une stratégie qui lui est propre. Cette dernière peut dépendre du montant des fonds qu’il a à sa disposition, d’un objectif de performance, de l’activité de la startup à financer ou encore du niveau de risque encouru. Ainsi, il interviendra à différents stades de financement de la startup selon le curseur qu’il aura placé sur ces critères.

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Le pré-seed (ou capital amorçage)

Les levées de fonds en pré-seed, aussi appelées capital amorçage, tendent à financer des besoins avant même que l’entreprise ne se lance réellement. À ce stade, les fonds permettent principalement de financer la mise en place du projet ou l’élaboration du produit ou du service à commercialiser.

Il s’agit, par exemple de lever des fonds pour payer :

  • les recherches relatives à un produit ou à un service que la startup souhaiterait vendre ;
  • les (maigres) salaires des débuts ;
  • les équipements nécessaires au lancement de l’activité : ordinateurs, logiciels, hébergement, etc. ;
  • les dépenses de fonctionnement de la structure : frais de gestion, loyers des bureaux (et encore… à ce stade, les startups squattent très souvent encore le domicile familial !).

À cela peut s’ajouter des dépenses liées à la fabrication de prototypes ou encore aux dépôts de brevets.

Très souvent, les investisseurs en pré-seed sont les fondateurs eux-mêmes, leurs amis, leur famille (ce qu’on appelle aussi le love money). Il peut également y avoir des Business Angels chevronnés ou encore des entreprises de capital-amorçage spécialisées. Notez qu’en phase d’amorçage, les fonds levés sont généralement compris entre 100 000 € et 500 000 €.

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La levée de fonds seed

La phase de seed correspond au réel premier tour de table. L’objectif ici est de financer le développement du concept de la startup. Généralement, la levée de fonds en seed intervient une fois que la société a déjà trouvé ses premiers clients.

À ce stade, la première version du produit ou du service commercialisé (MVP pour “Minimum Viable Product”) est au point et prête à être mise sur le marché. Les fonds récoltés permettent alors de financer les dépenses relatives à l’acquisition de clients ou encore au recrutement des premiers éléments clés de l’équipe.

Les fonds levés à l’occasion de ce premier tour de table sont généralement compris entre 250 000 € et 700 000 € et proviennent soit de Business Angels soit de fonds spécialisés dans l’amorçage. En principe, cette levée de fonds doit permettre à l’entreprise de se développer suffisamment pour viser la rentabilité. Néanmoins, si la startup croît rapidement, elle ira très certainement chercher de nouveaux financements qui peuvent amener la startup à réaliser un second tour de table : la série A.

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La levée de fonds en série A

Grâce à la levée de fonds en série A, l’entreprise sera capable de financer son accroissement interne et externe. La levée de fonds en série A intervient lorsque la startup a déjà commercialisé un produit ou un service et qu’il suscite l’intérêt et des perspectives de développement. À ce stade, elle génère déjà du chiffre d’affaires et elle a à cœur de s’étendre sur le marché à l’échelle nationale voire internationale.

Généralement, les fonds levés dans le cadre d’une série A s’élèvent à quelques millions d’euros et proviennent de fonds d’investissement en capital-risque (VC pour Venture Capitalist). Ces derniers peuvent permettre d’aller chercher une traction significative en finançant l’embauche de nouveaux collaborateurs spécialisés, d’investir dans de nouveaux canaux d’acquisition ou encore de tester le produit ou le service sur un nouveau marché.

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La levée de fonds en série B

La levée de fonds en série B fait son apparition lorsque la startup a prouvé que son business model a rencontré son marché cible. À ce stade, elle affiche une croissance continue et il est possible de prédire avec plus d’assurance ce à quoi l’entreprise ressemblera d’ici quelques années. Il est temps de viser la scalabilité !

La levée de fonds en série B intervient, finalement, lorsque la startup affiche un fort potentiel de croissance, une traction éprouvée avec des clés de réussite claires et identifiées. Le plus souvent, cette levée de fonds lui permet d’atteindre le marché international avec l’ouverture de nouveaux pays. Les fonds pourront, en effet, servir à racheter d’autres entreprises innovantes du même secteur afin que la startup puisse consolider sa position de leader sur le marché. C’est également l’occasion de renforcer les équipes à la recherche de talents. Les montants levés peuvent atteindre plusieurs dizaines de millions d’euros.

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La levée de fonds en série C

La levée de fonds en série C intervient lorsque la startup souhaite poursuivre sa croissance de manière encore plus rapide. À ce stade, l’entreprise a déjà quelques années d’expérience et est clairement performante. Globalement, les fonds récoltés ont plus ou moins la même utilité que pour la levée de fonds en série B : racheter des concurrents en France et à l’étranger, recruter des talents, développer de nouvelles offres.

L’objectif est ici d’accroître l’activité de l’entreprise rapidement pour qu’elle devienne encore plus concurrentielle et qu’elle puisse augmenter son chiffre d’affaires en vue d’une potentielle sortie telle une introduction en bourse (IPO). Le but étant de croître le budget d’acquisition afin de trouver de nouveaux clients tout en réduisant les coûts à la recherche d’une rentabilité maximale. Le tour de table donne lieu à une importante levée de fonds qui dépasse généralement les 100 millions d’euros pour atteindre plusieurs centaines de millions d’euros.

Tableau récapitulatif des cycles de financement

Afin de vous aider à y voir plus clair, voici une synthèse des différents cycles d’investissement en start-up selon son niveau de maturité et les besoins à financer.

Types  Objectifs  Montants levés
Pré-seed Concevoir le produit ou le service à commercialiser 100K€ à 500K€
Seed Lancer l’activité et le recrutement 250K€ à 700K€
Série A Accélérer la croissance de l’entreprise et conquérir le marché national 1M€ à 10M€
Série B Poursuivre la croissance de l’entreprise à l’international, racheter des concurrents, recruter des talents 10M€ à 100M€
Série C Poursuivre la croissance de la startup, gagner des parts de marché, racheter des concurrents, recruter des talents 100M€ à 500M€

Notez que ces chiffres sont à titre indicatif et qu’ils peuvent fluctuer en fonction de la santé du marché du capital risque. Plus la tech attire des capitaux et plus les montants des tours sont significatifs, quel que soit le stade d’avancement de la start-up.

Aussi, il existe encore d’autres niveaux d’investissement après la série C. On retrouve, en effet, les séries D, E, F et plus. Ces levées interviennent lorsque la startup est de plus en plus mûre et solide. C’est notamment le cas pour la plupart des licornes françaises, valorisées à plus d’un milliard d’euros, qui lèvent des centaines de millions d’euros auprès de fonds internationaux.

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