Finances personnelles : pourquoi investir en startup ?

Notes préliminaires

Dans cet article, nous sommes partis du constat que les performances du Private Equity et du Venture Capital sont corrélées, c’est-à-dire qu’elles ont des rendements similaires. Cependant, les rendements moyens offerts par le Venture Capital sont supérieurs à ceux du reste du Private Equity.

Ces dernières années, le marché des Fintech a vu apparaître de plus en plus de solutions pour investir dans les startups. Que ce soit via des plateformes d’achat et vente d’actions (Caption), de crowdfunding, de crowdlending ou le développement de rolling funds, ces fonds communautaires permanents, on voit un intérêt croissant pour les startups. Pourquoi cet engouement ?

La première réponse qui nous vient à l’esprit est qu’une grande partie de la valeur créée par les startups est captée par les investisseurs privés. Les sociétés s’introduisent de plus en plus tard en Bourse, à la fois rebutées par la complexité d’une introduction en Bourse, et aidées par les VCs qui ont compris qu’une société pouvait rester lucrative en termes de rendement même avec une valorisation dépassant les 500M€ (voir notre article sur le sujet). Mais ce n’est qu’une partie de la réponse.

Dans cet article, on vous détaille les quatre raisons qui font que les investisseurs particuliers se penchent de plus en plus sur l’investissement en startup dans leur stratégie.

1) Un retour sur investissement plus intéressant

Que recherche un investisseur ? Le couple rendement / risque le plus intéressant possible. Ces dernières années, un environnement de taux bas dû à des politiques monétaires accommodantes, a poussé les investisseurs vers le marché actions. Avec des liquidités abondantes pour un marché à taille limitée, certains ont vite considéré le marché actions comme survalorisé.

C’est pourquoi un bon nombre d’entre eux se sont tournés vers le marché du non coté. Non seulement le marché est plus grand mais, période d’abondance ou de crise, il y a toujours des startups en pleine croissance qui peuvent offrir des rendement supérieurs à ceux d’une société cotée.

Pour les particuliers, si l’investissement dans le Private Equity est risqué (perte partielle ou totale du capital investi), il présente aussi un réel intérêt puisqu’il s’agit aujourd’hui de la classe d’actifs la plus rentable sur le long terme. Selon l’étude annuelle réalisée par France Invest, la performance globale du capital-investissement français sur 15 ans est de 12,2 % en moyenne par an. Il surperforme ainsi nettement les autres grandes classes d’actifs, qu’il s’agisse de l’immobilier (+6,3% par an entre 2007 et 2021) ou de la Bourse (+5,1% par an pour l’indice CAC 40).

En effet, l’avantage premier d’investir dans une société plus jeune, c’est que son potentiel de croissance est plus important qu’une société qui est déjà sur les marchés publics. De manière générale, le private equity, c’est-à-dire l’ensemble des investissements dans des sociétés non cotées, surperforment les sociétés cotées. Si la tendance a diminué ces dernières années aux USA, en Europe les marchés privés surperforment toujours les marchés boursiers. Le phénomène est illustré ci-dessous, où apparaît nettement une convergence des rendements depuis 2008 entre les marchés publics et les fonds d’investissement en private equity aux USA. A l’inverse en Europe, depuis 2000, l’écart de rendement entre l’investissement dans des sociétés non cotées et les marchés publics reste assez net. C’est pourquoi il est doublement intéressant pour un investisseur européen de se pencher sur la question de l’investissement en startup.

NB : Attention, ici PME signifie « Public Market Equivalent ». PME, ce sont donc les marchés publics et, Buyout funds, sont les fonds de Private Equity spécialisés dans les investissements sur les sociétés non cotées. 

L’investissement en startup est également intéressant si l’on s’attarde sur ses rendements.

Ce dernier suit ce qu’on appelle une J Curve (voir graphe ci-dessous). Sur cette courbe, il apparaît que quelques startups sont capables de générer des revenus avec des multiples supérieurs à x10 ou x20, quand la grande majorité ne survivra pas au-delà des premiers tours de financement. Les startups s’éteindront avec des valorisations proches de 0€. Cette courbe joue contre l’investisseur, lui montrant clairement que la plupart de ses investissements échoueront.

Mais cette courbe est intéressante si un investisseur la tourne à son profit. En arrivant un peu plus tard sur la courbe, c’est-à-dire en investissant dans des startups plus matures, il perd une partie de son rendement mais limite son exposition au risque. En d’autres termes, investir dans une startup prometteuse sur une valorisation de 500M€ permet encore de réaliser un x3 et présente moins de risque de tenter un x100 en investissant sur une startup en amorçage.

Cette arrivée tardive sur une startup mature ayant encore un fort potentiel de croissance est d’autant plus d’actualité alors qu’on constate que les startups attendent de plus en plus longtemps avant de réaliser leur introduction en Bourse. Avant 2013, une startup en moyenne attendait 5 ans et demi avant de faire son entrée en Bourse. Maintenant, elle attend plus de 13 ans. La captation de la valeur créée se fait donc de plus en plus en amont des marchés publics, et majoritairement par des fonds d’investissement. Jusqu’à maintenant, les investisseurs particuliers n’avaient pas ou peu accès à ce genre d’opportunités.

Introduction en bourse startup

2) Une diversification sans limite

Pour citer Ray Dalio, célèbre gérant du fonds Bridgewater, “La diversification est le graal de l’investissement intelligent”. Et il est vrai que pour tout portefeuille, la diversification est importante car elle permet de réduire le risque global. En multipliant les investissements, on répartit le risque de perdre son capital.

Cette diversification peut s’opérer entre les différentes classes d’actifs (Bourse, startups, immobilier, etc) mais elle peut et doit aussi s’opérer au sein d’une même classe d’actifs. Pour reprendre notre sujet du jour, il ne suffit pas d’investir dans une startup pour diversifier son portefeuille, il faut aussi investir dans plusieurs startups, de secteurs différents et de maturités différentes.

Heureusement, c’est aujourd’hui possible. Investir dans des startups, c’est avoir accès à un ensemble d’opportunités plus large dont la valeur reste à créer. Avec un million de startups en France, l’écosystème offre une vaste diversité de sociétés pour diversifier son portefeuille.

Au sein d’un portefeuille diversifié, l’impact global du risque diminue tout en augmentant significativement le rendement global du portefeuille (voir graphique ci-dessous). Dit autrement, l’investissement en startup augmente peu le risk to reward ratio mais augmente le rendement du portefeuille. Passer de 0% à 10% d’un portefeuille investi en Private Equity permet en moyenne d’augmenter le rendement annualisé d’un portefeuille de 1% (voir ci-dessous).

La diversification sert aussi à diminuer le risque de liquidité. Si on compare la liquidité d’un appartement à celui d’une action en Bourse, on se rend compte qu’il y a une différence. Une action de startup, elle, se situe entre les deux. C’est un actif peu liquide par nature mais qui tend de plus en plus à le devenir avec des plateformes d’achat / vente comme Caption.

Comment diversifier son portefeuille startup ? 

La difficulté pour un investisseur non professionnel qui n’est pas Business Angel est 1. de pouvoir trouver des opportunités intéressantes et 2. de pouvoir investir alors même que le ticket d’entrée est souvent de plusieurs dizaines de milliers d’euros au minimum.

Aujourd’hui, plusieurs plateformes de crowdfunding permettent aux investisseurs particuliers d’investir dans des startups. Le problème reste néanmoins que les startups proposées sont souvent des projets (très) jeunes, donc présentant un risque de perte de capital toujours plus important.

Les plateformes de secondaire telles que Caption permettent d’ouvrir le champ des possibles quant à l’investissement dans des startups de maturités complémentaires, du seed au stade de licorne (société valorisée plus d’1 milliard d’euros).

3) Un investissement décorrelé de la Bourse

Un autre avantage de l’investissement en startup, et non des moindres, c’est l’accès à une classe d’actifs décorrélée des marchés boursiers. La décorrélation est intéressante car cela veut tout simplement dire que les startups ne suivent pas forcément les marchés lors d’une baisse passagère ou lors d’une crise financière.

On peut d’ailleurs observer la décorrélation des startups avec les marchés financiers sur le graphique ci-dessous.

Sur ce graphique, la corrélation va de 100% à -100%. À 100%, la corrélation est parfaite, c’est-à-dire que les deux actifs ou marchés évoluent simultanément dans la même direction. À -100%, les actifs ou marchés évoluent simultanément dans des directions opposées. Si la Bourse et les startups avaient une corrélation de -100% cela voudrait dire que les startups croissent uniquement quand la Bourse baisse et inversement.

Sur le graphique, on voit que les startups US ont une corrélation légèrement positive voire neutre. Pour le marché européen, la corrélation est particulièrement neutre depuis 2012.

Pourquoi est-il intéressant que le marché des startups ait une faible corrélation avec les marchés boursiers ? Car, en cas de chute des marchés boursiers, cela évite une chute globale de votre portefeuille. Vos actifs ne suivent pas tous la même tendance. La seule chose qui peut affecter globalement votre portefeuille sont les les événements qui affectent le contexte macroéconomique (exemple : le conflit ukrainien).

4) Une volatilité réduite

Un dernier point qui mérite d’être évoqué, c’est la faible volatilité de l’investissement en startup. Contrairement aux investissements en Bourse ou en crypto-monnaies qui peuvent connaître de fortes fluctuations au sein d’une même journée, une startup a une valeur plus stable car les réévaluations de la valorisation sont rares.

Cette faible volatilité est une source de sérénité pour l’investisseur qui n’a pas de décisions quotidiennes à prendre pour savoir si le moment est propice à acheter ou vendre. Investir dans une startup, c’est prendre un pari sur le moyen / long terme car les fenêtres de sortie sont moins fréquentes. Grâce à certaines Fintech, il y a une amélioration notable de la liquidité pour les opérations secondaires sur les marchés non cotés. On peut éventuellement envisager une à deux fenêtres de revente par an. Mais comme vendre à la première occasion est rarement la bonne solution, en tant qu’investisseur, il faut au moins avoir un un horizon d’investissement de 2 à 3 ans pour conserver une marge de sécurité.

On peut même argumenter que le verrouillage des fonds pendant une période prolongée évite toute décision impulsive qui ferait perdre de l’argent à l’investisseur.

 

Conclusion

Pour conclure, l’investissement devrait à l’avenir devenir une part plus importante dans le portefeuille des investisseurs à mesure que les sociétés tardent à faire leur entrée sur les marchés boursiers. Les rendements plus élevés offerts par l’investissement en startup devraient convaincre les investisseurs d’ajouter cette classe d’actifs à leur patrimoine. La diminution du problème de liquidité devrait achever de convaincre les plus réticents dans les années à venir. On peut aussi rappeler que la diversification par l’investissement dans des actifs décorrélés des marchés boursiers dans un monde où les crises financières se succèdent, est une idée qui relève du bon sens.

⚠️ Les performances passées ne préjugent pas des performances futures

Sources : 

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